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Publié le 24 avril 20263ème GENERATION A PRODUIRE DE L'ASPERGE BLANCHE
Martial et Mathéo Calvet, gérants de l’EARL de Fontanié à Lafrançaise, ont repris l’exploitation familiale respectivement en 2004 puis 2024. La mère et la soeur de Mathéo prennent aussi part aux activités de l’exploitation en tant que salariées. Une exploitation en polyculture (céréales, arboriculture et productions légumières), où l’asperge se cultive depuis 40 ans. Père et fils ont aujourd’hui majoritairement de l’asperge blanche, variété « Grolim ». La récolte a démarré le 20 mars, et s’achèvera autour du 10 juin.
Les parents de Martial ont démarré avec 2 hectares. Lafrançaise, Lizac et Labastide-du-Temple : les parcelles actuelles sont réparties sur trois communes, en fonction de la disponibilité des terres ayant les propriétés requises pour la production, à savoir un sol léger, « on est sur des alluvions » commente Mathéo en visitant la parcelle de Labastide-du-Temple, au bord du Tarn. Ils comptent maintenant 4 hectares en pleine production. Et 3 hectares plantés l’année dernière, dont une part pour le renouvellement mais aussi de l’agrandissement. Pour le matériel spécifique, les deux producteurs citent la butteuse, et la coupeuse-laveuse pour le conditionnement. Concernant la conduite de la production, ils abordent les amendements, le désherbage, principalement mécanique, en dehors d’un anti-germinatif « juste après avoir butté » ainsi que l’importance de l’irrigation, « surtout les premières années ». « Il faut aussi faire attention à la rouille » ajoutent-ils.
Main d’oeuvre et débouchés
Des conseils pour se lancer ? « Bien réfléchir à la charge salariale », la récolte étant manuelle. « Être sûr de trouver la main d’oeuvre et calculer son coût de production car la plus grosse charge, c’est le personnel » indique Mathéo. L’exploitation fait appel à des saisonniers en provenance du Maroc ; les deux exploitants regrettent d’ailleurs la complexité des dossiers administratifs à ce sujet. « La récolte, c’est un travail très physique et répétitif. » ajoute le père. Pour leur surface, une dizaine de personnes y passent tous les 3-4 jours. L’asperge blanche, bâchée, permet cette souplesse dans la fréquence de récolte, même s’il faut « rester réactifs » pour la qualité du produit. Trop tard, la pointe peut « brûler » au contact du plastique, ou commence à fleurir. Pour diminuer la pénibilité, le ramassage est fait le matin. Les exploitants conseillent aussi de « bien réfléchir à ses débouchés », l’asperge étant un produit qui arrive vite, sur une courte période, et se conserve peu. « Savoir où vous allez l’écouler » est donc un point important. Les exploitants bénéficient d’un circuit de commercialisation en circuit court solide, construit depuis une vingtaine d’années, et diversifié. Les trois quarts de la production d’asperges sont vendus en direct, sur place ou sur les marchés, 4 en banlieue toulousaine 10 mois de l’année ainsi que les 2 marchés de producteurs de Montauban, à Villebourbon et en centre-ville au printemps et à l’automne. Un magasin en grande distribution et quelques revendeurs viennent compléter le système de vente de l’asperge.
Raphaëlle Lenoble

Publié le 16 mars 2026FILIÈRES BIO EN TARN-ET-GARONNE
Produire et structurer pour retrouver des perspectives
La Chambre d’agriculture organisait, jeudi 12 février, une rencontre à destination des acteurs professionnels de l’agriculture biologique. Jean-Baptiste Gibert, l’élu référent AB, en précisait l’intention : échanger sur l’actualité réglementaire et les données des marchés pour mieux se projeter sur des enjeux d’avenir pour le département. A cet effet, le programme de la matinée prévoyait une première partie d’interventions offrant aux participants l’opportunité de partager un socle commun d’informations pour leur permettre, dans un second temps, de dégager par l’échange des pistes de travail pertinentes.
Le temps informatif a commencé par un rappel des actions en lien avec l’AB menées par la Chambre d’agriculture, par la voix de la conseillère dédiée, Anne-Charlotte Penas.
La Chambre d’agriculture 82 et le bio
Cette dernière a successivement abordé les rencontres techniques bio qui ont porté sur la diversification en arboriculture avec les nouvelles variétés de pommes bio ainsi qu’en kiwi bio ou encore la journée fruits à pépins. En grandes cultures, il s’est agi de réunions filières et marchés, mais également de focus sur le pois chiche bio ainsi que sur les contraintes techniques spécifiques au soja bio. Pour les légumes/maraîchage, la visite d’une entreprise produisant des plants à repiquer a été proposée, de même que des temps dédiés aux couverts végétaux et à la gestion de l’irrigation.
Par ailleurs, la Chambre d’agriculture est partenaire de la Semaine de la Bio, événement de la Région Occitanie. A cette occasion, quatre fermes bio du département ont ouvert leurs portes au public. La Chambre d’agriculture assure l’animation du Point Info Bio, première porte d’entrée des porteurs de projet. Il en va de même pour le Conseil Comité technique bio Occitanie en arboriculture et grandes cultures. L’organisme départemental réalise aussi un des bulletins techniques bio par filière accessible à tous sur simple inscription. Enfin, Anne-Charlotte Penas a fait observer que les produits AB représentent 25% de l’activité de la plateforme Le 82 dans son assiette développée à l’initiative de la Chambre pour approvisionner la restauration collective.
Actualités réglementaires en AB : en revenir à l’agronomie
Son collègue conseiller en arboriculture, Jean-François Larrieu, a pris la suite en abordant les évolutions de la réglementation européenne de l’AB. L’occasion de pointer un dévoiement progressif de l’intention initiale du cahier des charges français qui visait à replacer l’agronomie au coeur du métier d’agriculteur. A travers des exemples, il a montré comment « l’évolution plus dans le réglementaire a pris le dessus sur le fond », pour aboutir à « un effet cumulatif sur le terrain ». Avec pour conséquences un risque de pertes de rendement et une vulnérabilité accrue face aux aléas climatiques.
Dominique Forneris
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Publié le 16 mars 2026ELVEA 82
Une année encourageante
L’assemblée générale de l’association ELVEA 82 s’est déroulée le 6 mars, à Puycornet, sous la présidence de Gilles Vidal et en présence de nombreux éleveurs. L’occasion de revenir sur les activités et événements de l’année 2025 et d’ouvrir les perspectives pour 2026.
ELVEA 82 compte 135 éleveurs de bovins viande et 17 éleveurs d’ovins. Les premiers ont fait appel à l’association pour des dossiers directive nitrates (132), des dossiers PAC (115), des appuis techniques (52), des dossiers PSE (94), et des dossiers PASS petits investissements (2). Pour les seconds, l’association est intervenue pour des dossiers PAC (17), des dossiers directive nitrates (15) et enfin des dossiers PSE (17). Il a été rappelé que la cotisation à ELVEA 82 comprend l’accès à un appui pour la PAC, la directives nitrates, les PSE et les cotations (Baraqueville, Mauriac, Rabastens). Sont également proposés, en prestation de services, le bilan de reproduction, le bilan économique et le montage des dossiers de demandes de subventions.
« Le bon d’enlèvement est obligatoire ! », a insisté une nouvelle fois le président en préambule de la partie dédiée au bilan des données. De même, il a souligné que « la remontée des informations commerciales reste nécessaire pour le respect des statuts. », alors qu’en 2025, 9 748 animaux vendus sont passés par ELVEA 82 mais seulement 1 990 vendus avec des données commerciales. Quant à l’évolution des cours, elle faisait dire à Gilles Vidal : « On a passé une bonne année ! L’augmentation des cours a sauvé les filières élevage en France, il faut que ça continue à ce niveau-là, ça donne des raisons d’espérer, de faire les investissements nécessaires, de vivre dignement, d’installer. On est heureux d’avoir des bêtes, ça donne envie de travailler. » Régis Buzenac s’est chargé de faire un retour sur le concours 2025 de vaches grasses de Bexianis, en deux chiffres clefs : 8,32 euros pour la moyenne de prix/kg vif hors championnes et 8,86 euros pour la moyenne de prix/kg vif toutes ventes. Et d’encourager les éleveurs à préparer d’ores et déjà leur participation pour l’édition 2026 : « Le but est de faire un peu plus qu’à la maison. »
Pour le président de la Chambre d’agriculture, Jean-Philippe Viguié s’est exprimé à son tour sur la conjoncture : « Je considère vraiment qu’il y a de l’avenir en élevage ; que les cours se tiennent ; que la PAC nous soutienne. Et il ne faut pas hésiter à investir dans la technique. »
Reste la question des risques sanitaires et de leurs impacts économiques, dont celui de la DNC sur lequel les participants ont longuement, et parfois passionnément, débattu, à la suite de l’intervention d’un vétérinaire invité à faire un point à l’issue de l’assemblée générale. Autre thème abordé : l’agrivoltaïsme, avec l’intervention d’un opérateur partenaire d’ELVEA 82.
Dominique Forneris

Publié le 2 mars 2026TEMPÊTES
Premiers constats des dégâts sur les exploitations
Nils, Pedro. Les deux tempêtes n’ont pas épargné notre département ces dernières semaines. Vincent Roberti, préfet de Tarn-et-Garonne, se rendait avec la profession agricole sur plusieurs exploitations jeudi 19 février dernier, en présence d’Edwige Darracq, secrétaire générale de la préfecture, François Duquesne, directeur de la DDT, Catherine Gajot, cheffe du service économie agricole à la DDT.
Le premier point de rendez-vous de la tournée pour constater les dégâts sur plusieurs productions et secteurs du département était donné à Montauban, à la limite de Loubéjac, sur des parcelles de pommiers. L’arboricul-teur a vu l’Aveyron inonder l’ensemble de son parcellaire, 42 hectares au total, dont 10 de kiwis. Selon les zones de son exploitation, l’eau est montée jusqu’à un mètre. Un important travail de nettoyage attend l’agriculteur, qu’il estime à 4 ou 5 jours pour sortir les branches de taille.
L’arrêt suivant était donné dans la plaine du Saula : un autre arboriculteur, producteur de pommes et kiwis lui aussi, déplorait « 60 hectares recouverts d’eau, avec des impacts plus ou moins importants » selon ses sites de production. Le plus touché étant à Lafrançaise, « la crue de l’Aveyron est remontée par les fossés », et le Tarn l’a également impacté. Le cumul des deux a charrié bon nombre de déchets et couché des rangs de pommiers à la décrue. « Le phénomène qu’on craint le plus, l’asphyxie racinaire, ne pourrait se voir que dans 2 ou 3 ans », déplore l’agriculteur. Il évoquait aussi le risque de bactériose sur les kiwis en raison de l’humidité. Aujourd’hui encore, certains de ses vergers ont « toujours les pieds dans l’eau ».
Le groupe se rendait ensuite en Lomagne, où la vallée de la Gimone s’est métamorphosée en une morne étendue d’eau, noyant les cultures de céréales et d’ail, dominantes dans cette partie du département. « Il pleut depuis le 9 février, ça fait une dizaine de jours sous l’eau. On verra quand l’eau se sera retirée mais il y aura, c’est sûr, un impact sur le rendement. » indiquait l’agriculteur d’Auterive, touché sur 30 ha ensemencés en blé. Il était complété par les observations de ses voisins, venus eux aussi témoigner auprès des représentants de l’Etat de la durée de la crue et de ses conséquences concrètes sur les exploitations.
Rapidement, la problématique de l’entretien et du curage des fossés et cours d’eau s’invitait dans la discussion, portée par les responsables professionnels. Des échanges sur les modalités et possibilités de travaux, qui n’étaient pas sans rappeler ceux de mai dernier, lorsque les orages s’étaient abattus sur le département, faisait-on observer, aussi bien du côté des agriculteurs que de l’administration, le préfet rappelant : « Je l’ai écrit noir sur blanc le 21 mai l’an dernier. » Les exploitants agricoles, eux, demandaient « quelque chose de simple, du concret pour avancer » et « un numéro de téléphone avec de l’humain derrière, en cas de doute ».
Raphaëlle Lenoble & Dominique Forneris

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