Productions végétales

Publié le 16 mars 2026

CONDUITE DU POMMIER
Une question d'équilibre

La recherche de l’équilibre de l’arbre a guidé l’évolution de la taille et de la conduite depuis les années 1980. Parfois, les contraintes liées à la structure du verger (hauteur des filets…), à la mécanisation (passage de la passerelle, de l’effeuilleuse…), ou à la gestion de la main d’oeuvre (simplification des consignes …) prennent le dessus et nous font un peu oublier la physiologie de l’arbre. Retour sur 30 ou 40 ans d’évolution de la conduite du pommier, en lien avec l’évolution de nos connaissances sur la physiologie.
Des années 1980 aux années 2000, les travaux de Jean-Marie Lespinasse (INRA Bordeaux) sur la fructification du pommier ont amené de profonds changements dans la conduite des vergers. Avec un maitre mot : l’équilibre de l’arbre.
La taille de renouvellement puis la taille longue sur brindille couronnée, toutes deux basées sur le respect de la physiologie de l’arbre, ont renvoyé aux oubliettes les anciennes tailles courtes de fructification. Et l’axe vertical s’est imposé par sa simplicité et son respect du port naturel de l’arbre.
Dès les années 75-80, les premiers travaux de Jean-Marie Lespinasse (1940-2025) sur la fructification du pommier montrent comment les tailles de formation au sécateur, souvent suivies de tailles courtes de fructification, contraignent les arbres. Et comment elles favorisent des déséquilibres flagrants entre une zone de l’arbre qui pousse (souvent sur le haut de l’arbre) et une zone qui produit et qui vieillit. Ces déséquilibres ont pour conséquence des temps de taille importants, une qualité de fruit décevante et une productivité qui n’est pas optimale.

Certaines variétés cherchent à renouveler leur branche

L’observation de l’évolution naturelle d’une branche fruitière de Golden, variété largement dominante à l’époque, va l’amener à proposer un type de taille beaucoup plus proche du fonctionnement de l’arbre, la taille de renouvellement. Et un type de forme également beaucoup plus proche du port naturel de l’arbre, l’axe vertical.
Sans intervention au sécateur, une branche s’allonge et se met rapidement à fruit. Sous le poids des pommes, elle commence à s’arquer puis ploie de plus en plus au fil des ans avec la multiplication des points de fructification. Avec le vieillissement de la branche, le calibre et la qualité des fruits vont se dégrader alors qu’en parallèle se développe un rameau sur l’arcure qui va renouveler la branche et porter de plus beaux fruits.
La taille dite de « renouvellement » a pour objectif de favoriser le renouvellement naturel de la branche pour produire sur du bois jeune et éviter son vieillissement et son trop fort affaissement synonyme de petit calibre. La première année voire la deuxième, le rameau est laissé entier pour favoriser sa mise à fruit. Il est ensuite progressivement raccourci pour limiter son affaissement puis renouvelé sur un jeune rameau gardé sur l’arcure. Les branches sont ainsi renouvelées régulièrement, tous les 3 ou 4 ans. Ce type de taille a permis de libérer les arbres du carcan dans lequel les enfermaient les tailles courtes et d’améliorer l’équilibre mise à fruit-vigueur. Il a également permis de limiter fortement le nombre de coups de sécateur (le temps de taille…) par arbre. Il a toutefois l’inconvénient de favoriser la production de fruits sur bois de 1 an (le renouvellement implique la présence de rameaux de 1 an) et l’alternance.

Jean-Louis Sagnes, Chambre d’agriculture 82

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Publié le 2 mars 2026

ARBORICULTURE
Taille mécanique ou taille manuelle simplifiée ?

Face aux difficultés pour trouver et fidéliser la main d’oeuvre, certains producteurs du département s’orientent vers la mécanisation, d’autres travaillent sur la simplification et la clarification des consignes et restent sur de la taille manuelle. Deux approches différentes pour un même objectif. La journée taille du 30 janvier organisée par la chambre d’agriculture et CAP EXPE a permis à une cinquantaine de producteurs et techniciens de faire le point sur ces 2 stratégies.

La taille, ou plus exactement la conduite du pommier a beaucoup évolué sur ces 40 dernières années, en lien étroit avec l’évolution des connaissances et des types de vergers.

Des années 1980 aux années 2000, les travaux de Jean-Marie Lespinasse (INRA Bordeaux) sur la fructification du pommier amènent de profonds changements dans la conduite des vergers. Avec un maitre mot : l’équilibre de l’arbre. La taille de renouvellement puis la taille longue sur brindille couronnée, toutes deux basées sur le respect de la physiologie de l’arbre, renvoient aux oubliettes les anciennes tailles courtes de fructification. Et l’axe vertical s’impose par sa simplicité et son respect du port naturel de l’arbre.

Jean-Louis Sagnes, Chambre d’agriculture 82

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Publié le 30 janvier 2026

FRUITS À NOYAU 2025
Une année moins humide, moins favorable aux maladies

L’entre-deux saison pour les fruits à noyaux est l’occasion de faire un bilan sur les pressions maladies et ravageurs de 2025, pour mieux anticiper 2026. La dernière campagne n’a pas été marquée par des grosses pressions phytosanitaires, même si ponctuellement certaines maladies ou ravageurs ont pu se manifester. Nous noterons par exemple quelques remontées de pression lépidoptères en prune sur fin août-début septembre, ou quelques problèmes de tavelure ou encore d’hoplocampe et de puceron vert en AB en prune également. Mais par ailleurs, les pressions monilia, rouille, cloque, acariens, suzukii, cochenilles, cicadelles et d’autres encore ont été plutôt modérées et ont généré peu de dégâts.

Bilan des pressions bio-agresseurs 2025 en fruits à noyau (reflet de la situation générale, des exceptions étant toujours possibles)

 

Une météo moins pluvieuse que 2024

Après une année 2024 très excédentaire en eau ayant généré beaucoup d’asphyxie en fruits à noyau, la pluviométrie est revenue à la normale en 2025, avec un cumul de 673 mm de septembre 2024 à septembre 2025 (la normale de saison étant à 709 mm).

Les gelées printanières ont été peu fréquentes et peu intenses même si quelques protections ont dû être déclenchées par endroits et que quelques variétés de prunier ou de cerisier ont pu être un peu affectées. En revanche c’est en mai et juin qu’on a pu déplorer des aléas climatiques dommageables avec de gros orages de grêle et des dégâts de débordement de ruisseau dans le secteur de Mirabel – L’Honor de Cos.

Côté bio-agresseurs, le printemps plutôt ensoleillé n’a pas perturbé le carpocapse et la tordeuse orientale, et n’a pas favorisé le monilia sur fleurs, la cloque ou la rouille. Les conditions chaudes et sèches de l’été ont aussi pénalisé le monilia sur fruits. Les pressions sanitaires sont donc le résultat d’une année plutôt « défavorable » aux principaux bio-agresseurs des fruits à noyaux.

Marie Dordolo
Chambre d’agriculture 82

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